Octobre : il fallait que je retrouve du travail... puisque telle était ma destinée.
Mon chéri travaillait toujours à l'usine. L'usine de sa tante dans laquelle il passait ses jobs d'été en tant qu'étudiant. Il avait recommencé à travailler là bas dès fin juin jusqu'à aout... puis reprise en septembre.
Ca m'agaçait de savoir qu'il perdait son temps là-bas, alors qu'il pouvait trouver bcp mieux! Mais c'est sa tante qui décidait. Déjà qu'elle se mêle déliberemment de la vie de son "jeune branleur de fils de 21 ans" (désolée mais je n'ai pas trouvé d'expression plus qualifiante!), v'là ti pas qu'elle allait gérer la vie professionnelle de mon homme. Et ma "belle-mère" qui, comme à son habitude, n'a d'avis perso sur la question acquiessait betement les dires de sa soeur "oui c'est sûr ce n'est pas le boulot qui plait, ce n'est pas le job qu'il recherche mais en attendant de trouver mieux, faut bien se faire de l'argent... il a déjà fait 3 mois en plus, plus que 3 mois et il pourra toucher les assédics!"
J'étais dépitée par cette argumentation! Moi timide, je suis presque sortie de mes gonds, comment peut-il dire qu'il ne trouve pas s'il ne cherche pas correctement? Jusqu'à maintenant, il n'avait jamais fait de démarches concrètes pour trouver du boulot : jamais mis les pieds en boite d'interim (hormis pour travailler ds cette foutue usine) et n'avait encore jamais contacté les entreprises spontanément lettre ou présentation directe). Son destin professionnel? Il le remettait uniquement entre les mains des petites annonces de l'anpe! Autant dire que la possibilité de trouver un travail était plus que... limitée. Mais il ne disait rien... subissait plus qu'autre chose.
Jusqu'au jour où... j'étais chez lui et je devais repartir (pour une raison que j'expliciterais plus tard!). Il faisait un temps magnifique et lui devait travailler de 13h à 21h, alors que mon train partait en fin d'apres-midi... donc pas de possibilité de passer cette dernière journée ensemble et le boulot l'épuisait physiquement mais sourtout moralement. Soudain coup de pression à 11h, il décide de tout quitter!
Et à commencer par son travail, ce qui n'était pas pour plaire à sa mère avec qui, il s'embrouillait, elle lui demandait d'au moins attendre une semaine et demi, la fin de son contrat, mais lui s'énervait et refusait tout compromis.
A 12h, il démissionnait, la boite d'interim n'était pas franchement contente d'avoir à accepter une démission aussi soudaine.
Ceci fait, il fallait qu'en contrepartie il prouve sa bonne foi pour retrouver du travail, vis à vis de ces chers parents. C'est pourquoi, il prit la décision de partir avec moi, là où le travail est déjà plus florissant, surtout dans le commerce, ma ville, ma région est en plein développement dans ce domaine. C'est donc en pleurs, qu'on laissa sa mère. Sur la route, on croisa son père, plus terre à terre, qui avait conscience qu'il laissait partir son fils vers de meilleurs horizons.